La Bataille de Solferino

Lu sur VA

★ La Bataille de Solferino

Drolatique. Pour son premier film, Justine Triet mêle la petite histoire et la grande pour une tragi-comédie virtuose.

Journaliste à iTélé, Laetitia (Laetitia Dosch, à gauche sur la photo) doit couvrir cette journée du second tour de la présidentielle de 2012 au siège du PS, rue de Solferino. C’est justement le jour qu’a choisi son ex, Vincent (Vincent Macaigne, à droite), qui sort de l’asile psychiatrique pour comportement violent, pour la harceler à propos du droit de visite de leurs deux enfants, d’abord sous les yeux d’un baby-sitter débordé, puis en plein milieu de la cohue hollandaise…

Plonger un personnage par nature bordélique dans un double capharnaüm, national et intime, c’est l’excellente idée de Justine Triet, qui la mène à bien avec une maestria de virtuose. Oscillant entre comédie et drame sans qu’on sache jamais très bien de quel côté on se trouve ou si l’on ne va pas basculer carrément dans la tragédie, le personnage de Vincent étant réellement inquiétant et son harcèlement poussant Laetitia à des imprudences coupables, cette scène de ménage à laquelle l’utilisation brillante du contexte politique confère une vérité presque documentaire fait un premier film très accompli et drolatique, malgré une fin qui retombe un peu. Laetitia Dosch, en bohème dépassée, et Vincent Macaigne, en baba cool dictatorial, sont épatants.

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