Au sommaire cette semaine :
- Rebondissement dans l’affaire du vaccin DT-Polio
- Le talc donne le cancer
- Chirurgie du nez en 1597
Bonne lecture !
Rebondissement dans l’affaire du vaccin DT-Polio
Avez-vous vu la vidéo du Pr Joyeux sur l’affaire du vaccin DT-Polio ? Sinon, regardez-la sans attendre :
Le talc donne le cancer
Jackie Fox est bien morte à 62 ans d’un cancer des ovaires provoqué par l’usage régulier du talc Baby Powder de Johnson & Johnson pour sa toilette intime [1].
C’est la conclusion du procès qui a eu lieu à St-Louis, dans l’état américain du Missouri. L’amende s’élève à 72 millions de dollars. La plainte avait été lancée par des consommateurs.
C’est la deuxième victoire dans l’affaire du talc qui donne le cancer. En 2013, la cour fédérale du Dakota du Sud avait déjà condamné le géant américain Johnson & Johnson pour avoir caché aux consommateurs et aux autorités que son talc pour bébé provoquait le cancer.
D’après Jim Onder, qui représente les consommateurs, les documents internes de Johnson & Johnson montrent que la firme a payé des scientifiques pour fabriquer des études démontrant que le talc est sans danger.
La poudre de talc est appréciée car elle absorbe l’humidité et donne la peau douce. Le talc peut réduire les irritations chez les bébés.
C’es un minéral que l’on trouve dans la nature. C’est du silicate de magnésium doublement hydroxylé [2]. Il est brisé, séché puis réduit en poudre.
Depuis les années 1970, on sait toutefois que le talc contient de l’amiante qui provoque le cancer. Par procédé industriel, le talc vendu de nos jours est heureusement débarrassé de son amiante. Mais il provoque malgré tout le cancer des ovaires…
Si c’est Johnson & Johnson qui est principalement attaqué, c’est que son talc Baby Powder est un des produits phares du groupe.
Son monopole tient au fait qu’en américain « Baby Powder » a remplacé le mot « talcum », tout comme « Kleenex » s’utilise pour dire « mouchoir en papier ».

Chirurgie du nez en 1597
La rhinoplastie (reconstruction du nez) est, pour ainsi dire, vieille comme le monde. Elle était déjà pratiquée en Inde.
En Occident, elle fut popularisée par un médecin italien, Gaspare Tagliacozzi, dans son manuel publié en 1597, De Curtorum Chirurgia per Insitionem [3].
Voici sa manière ingénieuse de procéder :
Gaspare Tagliacozzi découpait un grand carré de peau sur le haut du bras (au niveau du muscle deltoïde). Mais attention, il laissait la peau attachée au bras, comme le rabat d’une enveloppe.
Ainsi, le lambeau de peau ne mourrait pas (!) et pouvait se stabiliser en un tissu viable.
Ensuite, le carré de peau était redécoupé pour épouser la forme du nez, puis cousu sur le nez, tout en restant encore attaché bras !
Le patient gardait ainsi son bras et son nez cousus ensemble pendant 14 jours !
Enfin, la peau était découpée du bras. On pouvait alors faire l’ajustement final de la peau à la forme du nez.
Commençait alors un long processus de cicatrisation.
L’opération complète durait environ 5 mois.
Au XVIe siècle, cette opération intéressait beaucoup les malades de la syphilis qui souhaitaient cacher cette maladie honteuse. Leur peau et leurs muqueuses se couvraient de plaies (chancres) qui ne cicatrisent pas. Mais la partie touchée la plus visible était leur nez !
Cette opération chirurgicale paraît « archaïque », mais la technique est restée fondamentale encore aujourd’hui. On pense aux grands brûlés et aux soldats défigurés (les « gueules cassées » de la Première Guerre mondiale).
Jean-Marc Dupuis