Lu sur Présent
En quatrième vitesse ! C’est bien connu : pour tracer sa route et se faire une place dans la vie, il faut – souvent – en baver avant d’y arriver. Et question « bavage », Turbo (voix de Ryan Reynolds en VO, Laurent Laffite en VF) en connaît un rayon. Et pour cause : Turbo est un escargot. Un gastéropode fana de courses automobiles. Comme il n’est pas du genre bulot à se fixer sur une feuille de laitue, il a un rêve, le baveux : devenir lui aussi un champion… de course automobile. Comme son idole des circuits : Guy Lagagne (Bill Hader en VO).
Pour prouver qu’il n’est pas un mollusque – un rampant, certes, mais un limaçon – au QI de limace, il s’entraîne chaque jour à aller plus vite qu’un… escargot. Bravant les corbeaux voraces à l’œil pétillant de cruauté comme celui d’une poule à la vue d’un lombric bien gras, mais aussi la tondeuse à gazon qui passe régulièrement près de son habitat, Turbo tente de faire, à son niveau, des pointes de vitesse.
Un rêve, une obsession de la vitesse qui l’a rendu impopulaire auprès de ses congénères, pour lesquels prudence et lenteur sont de rigueur.
Rejeté par les siens, excepté par son frère Chet (Paul Gimatti en VO), il erre comme une âme en peine dans les rues. C’est alors que se produit un étrange « incident » qui va radicalement changer sa vie.
Boosté au carburant explosif après avoir été « aspiré » dans un moteur de voiture lors d’un rodéo sauvage urbain façon « la fureur de vivre », Turbo devient pour le coup l’escargot le plus rapide que la terre ait porté. Plus vif qu’un pot de rillettes du Mans, il est le « K 2 000 » des gastéropodes !
Deuxième coup du sort qui lui permettra peut-être de monter sur le podium : Turbo est ramassé par Angelo (Luis Guzman en VO), un vendeur de tacos adepte des courses d’escargots qui, avec ses amis d’un centre commercial en perte de vitesse et découvrant les possibilités de Turbo, décide de relancer ses affaires et, qui sait, d’attirer à nouveau les clients dans les boutiques désertées.
L’idée lumineuse : inscrire Turbo à la prestigieuse course d’endurance et de vitesse des 500 miles d’Indianapolis. Alors, en voiture Simone et roule ma poule !
Et voilà Turbo, coquille customisée, engagé aux côtés des plus grands champions et notamment de son idole Guy Lagagne. Une « icône » des circuits adulée des foules mais qui va se révéler détestable, imbu de sa personne et n’ayant pas l’intention de se faire griller la place en pole position par un escargot. Inutile de vous dire que Turbo – et ses amis – vont devoir turbiner à fond les manettes, pied au plancher, s’accrocher à la route, quitte à y laisser de la gomme et cracher plus d’étincelles qu’un feu de Bengale sur un circuit où la rivalité fait rage…
Rush ! Sur l’air de « aucun rêve n’est trop grand, aucun rêveur n’est trop petit » mais aussi sur celui de « comme quoi dans la vie tout est possible, tout est réalisable, c’est le jeu de la vie », David Soren et les studios DreamWorks nous servent, à fond la caisse et sur les chapeaux de roue, un dessin animé qui devrait plaire aux Michael Schumacher et autre Alain Prost en herbe.
Certes il y a de l’humour – un peu –, de l’action et du « suspense », du moins pour les petits. Pour les adultes accompagnants, en revanche, et même s’ils ne regarderont plus leur assiette d’escargots persillés, pas sûr qu’ils classent ce Turbo en pole position de leurs dessins animés préférés.
PIERRE MALPOUGE