Lu sur VA
Le Quatuor de Yaron Zilberman
Brillant. Après vingt-cinq ans de collaboration harmonieuse, le quatuor La Fugue est soudain déstabilisé par les premières atteintes de la maladie de Parkinson dont souffre son violoncelliste (Christopher Walken, photo). Cette nouvelle, qui pose la question de l’avenir de leur formation, réveille chez les trois autres (Catherine Keener, Philip Seymour Hoffman, Mark Ivanir) des antagonismes enfouis. Même si la forme que prennent ces conflits est un peu artificielle, une distribution brillante fait passer ce que le récit peut avoir de convenu et la mise en scène de rigide. On suit avec un intérêt constant ces quatre interprètes d’exception dans leurs variations sur les rapports tourmentés de l’art et de la vie.
Distrayant. À Las Vegas, quatre illusionnistes présentent un show dont le clou est le… braquage d’une banque à distance. Aidé par une inspectrice d’Interpol (Mélanie Laurent, photo), un agent du FBI (Mark Ruffalo) tente de les coincer… Le scénario de Boaz Yakin a le mérite de l’originalité et, s’il suppose du spectateur une suspension totale de son sens de la vraisemblance, donne un film pas toujours très clair mais constamment divertissant, porté par une distribution prestigieuse (on y compte Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Michael Caine et Morgan Freeman). Dans le style clinquant, la mise en scène de Louis Leterrier jette suffisamment de poudre aux yeux pour qu’on se laisse prendre au spectacle.
Chaleureux. Guido et Antonia (Luca Marinelli et Federica Victoria Caiozzo, photo) sont aussi différents que possible, mais unis par un profond amour : elle est une chanteuse de jazz inculte, lui un spécialiste de littérature antique, qui la réveille chaque matin en lui lisant un extrait du martyrologe. Leur curieuse alchimie va être perturbée par leur désir d’avoir un enfant… La situation est celle d’une comédie sentimentale classique, mais Paolo Virzì sait la renouveler grâce à des personnages merveilleusement dessinés, aussi excentriques que sympathiques, dont la différence de culture enrichit le film d’un thème secondaire original. Le tout donne un film vivant, touchant et chaleureux. L. D.
Touchant. Axelle Ropert brosse le portrait délicat et pudique de deux frères médecins, entre sacerdoce professionnel et recherche du bonheur.
Brillant. Bob et Ruth sont amants, et lorsque Bob (Casey Affleck) est pourchassé par la police après un braquage qui a mal tourné, Ruth (Rooney Mara, photo) ne rechigne pas à faire le coup de feu avec lui, mais seul Bob va en prison. Des années plus tard, alors que Ruth élève seule leur petite fille et qu’un policier (Ben Foster) lui fait la cour, Bob s’évade… Le scénario du second film de David Lowery est d’un minimalisme qui confine parfois au simplisme, mais le jeune cinéaste dispose d’un talent impressionnant pour installer une ambiance et faire vivre ses personnages, sur lesquels il porte un regard presque contemplatif. Rooney Mara impressionne une fois de plus par son intensité.
Drolatique. Pour son premier film, Justine Triet mêle la petite histoire et la grande pour une tragi-comédie virtuose.
★★ Turbo de David Soren
★★★ Neuf mois ferme