Personne ne peut entraver la liberté de la conscience de chaque personne

Lu sur le Salon Beige

Suite à la décision totalitaire du Conseil constitutionnel, l’abbé de Tanoüarn rappelle que la liberté de conscience est un droit qui ne se décrète pas et rappelle l’enseignement du Docteur commun de l’Eglise Saint Thomas d’Aquin :

« Saint Thomas d’Aquin, au XIIIème siècle, était déjà un fervent défenseur de la conscience, cette empêcheuse de déconner en rond, cette Antigone ou cette Alouette (o Jeanne), si bien croquées par Jean Anouilh. Dans la IaIIae Q19 a 5 (je parle de la Somme théologique) il explique que la conscience est le « dictamen rationis ». Dans notre langue française, ondoyante et diverse, il n’y a pas d’équivalent (que je sache) au mot dictamen. Il faut faire appel à l’allemand. On peut traduire : le diktat de la raison. Pour Thomas, personne, ni roi ni prince, ni évêque ni pape ne peut entraver la liberté de la conscience de chaque personne lorsque elle se manifeste en dernier recours par un diktat. On peut et on doit informer les consciences défaillantes mais on ne peut pas prétendre qu’elles n’ont pas le droit de se manifester. Il n’y a rien au dessus du droit d’une conscience humaine poussée dans ses retranchement d’honnêteté et de justice. Rien, même pas Dieu, ni la loi naturelle. L’exemple que donne saint Thomas est amusant. Il pourrait d’ailleurs s’appliquer pour une part à la société actuelle. Celui, dit-il, qui pense qu’il est bien de forniquer et qui ne fornique pas commet une faute contre sa conscience – dans l’Evangile on parle de péché contre l’esprit.

Il y aurait évidemment une autre interprétation à la décision du Conseil des sages. Je pars moi du principe qu’ils ont un moment oublié la colonne du Temple, zapé la loi de 1905, gardienne de la laïcité. Mais on peut penser que cette loi (en particulier son article 1) ils le connaissent parfaitement. Simplement ils l’interprèteraient peut être autrement que nous le faisons. Comment ? Eh bien ! Au lieu de comprendre, comme nous le faisons tous que la loi s’arrête là où commence la conscience humaine, peut-être les Sages estiment-ils à l’inverse que, dans la mesure où c’est la République qui « assure la liberté de conscience », alors il leur revient à eux (ils sont un peu la République en dernier ressort) de déclarer les limites de la conscience individuelle. C’était la théorie de Hitler lorsqu’il a été élu démocratiquement chancelier et lorsqu’il est devenu chancelier du Reich : le représentant du peuple peut et doit délimiter le domaine dans lequel la conscience a droit de s’exercer. Et il lui revient, par le fait même, d’interdire à la conscience certaines zones considérées, du point de vue de la conscience, comme des zones de non-droit.

La République se sortira-t-elle un jour de on péché originel, le Rasoir national ? La Cinquième aura-t-elle le courage d’admettre qu’elle est fondée sur les iniquités sanglantes de la Première ? Ou est-ce que seule l’Eglise catholique devrait faire repentance ? La question est grave parce qu’elle en entraîne une autre sur le sujet qui nous occupe : peut-on être un homme digne de ce nom si l’on ne reconnaît pas le droit des consciences ? »

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Turbo

Lu sur Présent

En quatrième vitesse ! C’est bien connu : pour tracer sa route et se faire une place dans la vie, il faut – souvent – en baver avant d’y arriver. Et question « bavage », Turbo (voix de Ryan Reynolds en VO, Laurent Laffite en VF) en connaît un rayon. Et pour cause : Turbo est un escargot. Un gastéropode fana de courses automobiles. Comme il n’est pas du genre bulot à se fixer sur une feuille de laitue, il a un rêve, le baveux : devenir lui aussi un champion… de course automobile. Comme son idole des circuits : Guy Lagagne (Bill Hader en VO).

Pour prouver qu’il n’est pas un mollusque – un rampant, certes, mais un limaçon – au QI de limace, il s’entraîne chaque jour à aller plus vite qu’un… escargot. Bravant les corbeaux voraces à l’œil pétillant de cruauté comme celui d’une poule à la vue d’un lombric bien gras, mais aussi la tondeuse à gazon qui passe régulièrement près de son habitat, Turbo tente de faire, à son niveau, des pointes de vitesse.

Un rêve, une obsession de la vitesse qui l’a rendu impopulaire auprès de ses congénères, pour lesquels prudence et lenteur sont de rigueur.

Rejeté par les siens, excepté par son frère Chet (Paul Gimatti en VO), il erre comme une âme en peine dans les rues. C’est alors que se produit un étrange « incident » qui va radicalement changer sa vie.

Boosté au carburant explosif après avoir été « aspiré » dans un moteur de voiture lors d’un rodéo sauvage urbain façon « la fureur de vivre », Turbo devient pour le coup l’escargot le plus rapide que la terre ait porté. Plus vif qu’un pot de rillettes du Mans, il est le « K 2 000 » des gastéropodes !

Deuxième coup du sort qui lui permettra peut-être de monter sur le podium : Turbo est ramassé par Angelo (Luis Guzman en VO), un vendeur de tacos adepte des courses d’escargots qui, avec ses amis d’un centre commercial en perte de vitesse et découvrant les possibilités de Turbo, décide de relancer ses affaires et, qui sait, d’attirer à nouveau les clients dans les boutiques désertées.

L’idée lumineuse : inscrire Turbo à la prestigieuse course d’endurance et de vitesse des 500 miles d’Indianapolis. Alors, en voiture Simone et roule ma poule !

Et voilà Turbo, coquille customisée, engagé aux côtés des plus grands champions et notamment de son idole Guy Lagagne. Une « icône » des circuits adulée des foules mais qui va se révéler détestable, imbu de sa personne et n’ayant pas l’intention de se faire griller la place en pole position par un escargot. Inutile de vous dire que Turbo – et ses amis – vont devoir turbiner à fond les manettes, pied au plancher, s’accrocher à la route, quitte à y laisser de la gomme et cracher plus d’étincelles qu’un feu de Bengale sur un circuit où la rivalité fait rage…

Rush ! Sur l’air de « aucun rêve n’est trop grand, aucun rêveur n’est trop petit » mais aussi sur celui de « comme quoi dans la vie tout est possible, tout est réalisable, c’est le jeu de la vie », David Soren et les studios DreamWorks nous servent, à fond la caisse et sur les chapeaux de roue, un dessin animé qui devrait plaire aux Michael Schumacher et autre Alain Prost en herbe.

Certes il y a de l’humour – un peu –, de l’action et du « suspense », du moins pour les petits. Pour les adultes accompagnants, en revanche, et même s’ils ne regarderont plus leur assiette d’escargots persillés, pas sûr qu’ils classent ce Turbo en pole position de leurs dessins animés préférés.

PIERRE MALPOUGE

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Prisoners

Lu sur Présent

En 2012, Incendies avait attiré l’attention sur le cinéaste québécois Denis Villeneuve. Un film dur pour une époque molle… Il revient avec un thriller tout aussi détonant, Prisoners qui, de par son sujet même – un père qui fait justice lui-même – fait grincer les dents des angelots gaucho-taubiresques.

Kelly Dover (l’excellent Hugh Jackman) fête Thanksgiving avec son épouse et sa fille, âgée de six ans, chez des amis, les Birch. Alors que les deux couples conversent au salon après le repas, les deux fillettes, celle des Dover et celle des Birch, Anna et Joy, vont jouer devant la maison. Où elles seront enlevées.

Très vite, l’enquête menée par un inspecteur du FBI (Jake Gyllenhaal) provoque l’arrestation d’un semi gogol, Alex, qui traîne dans un camping-car (comme celui aperçu juste avant la disparition des deux petites filles). Le problème, c’est qu’on ne trouve aucune trace tangible dans le véhicule. Quant à Alex, il répète qu’il n’est coupable de rien. Faute de preuves, il est donc relâché.

Persuadé de sa culpabilité, Kelly le traque et finit par le séquestrer pour le questionner avant de passer très vite à des interrogatoires de plus en plus musclés. Ce qui inquiète l’autre père qui est plutôt du genre « je fais confiance à la justice de mon pays »…

Kelly est désormais un homme seul. La police l’a à l’œil, sa femme verse dans la dépression et lui-même part en vrille. Hugh Jackman explique :

— Cela m’excitait de me frotter à un type de personnage que je n’avais jamais abordé. Même si je savais que ça ne serait pas facile. Il y a eu tellement de bons thrillers à Hollywood, comme ceux de David Fincher ou Mystic River de Clint Eastwood.

Clint Eastwood et, effectivement, le David Fincher de Zodiac. Hugh Jackman dit encore :

— Je connais beaucoup de gens qui sont effrayés par ce qui peut arriver à leurs enfants après l’école et qui se posent la question de l’autodéfense. (…) J’avoue qu’après avoir fait ce film (il a deux enfants), je suis plus vigilant. Reste que le message véhiculé par Prisoners c’est que la violence engendre la violence.

Ancien alcoolique repenti et « rédempté », le personnage de Kelly Dover est celui d’un Américain de l’Amérique profonde. Très croyant, « survivaliste » (« Espère le meilleur, mais sois prêt pour le pire »), c’est un homme prêt à tout pour sauver son enfant : « Ce qui est terriblement rageant, c’est de savoir qu’à chaque instant qui passe votre enfant terrifié attend que ce soit vous qui veniez le secourir. Pas la police, pas l’armée. Non, celui qui doit ouvrir la porte, c’est vous. »

Un film largement d’actualité – en France – où Taubira et sa clique programment de laisser courir dans la nature les voyous de toute espèce…

ALAIN SANDERS

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La France et les islamistes responsables du drame de Lampedusa

Suite à la noyade de centaines d’immigrés, Bernard Lugan dénonce :

« Les vrais responsables du drame de Lampedusa sont ceux qui, pour des raisons encore bien obscures, ont déclaré la guerre au colonel Kadhafi. Comme je l’ai maintes fois dit sur ce blog, mais il importe de le redire, en dépit de tous ses défauts, le « guide libyen » était devenu un partenaire, pour ne pas dire un allié dans deux combats essentiels :

1) La lutte contre le fondamentalisme islamiste qu’il avait entrepris d’éradiquer en Libye.

2)  La lutte contre l’immigration clandestine venue depuis l’Afrique sud-saharienne, la Corne ou les régions du Proche-Orient et transitant par la Libye. Grâce aux bons rapports qu’il entretenait avec le président du Conseil italien Silvio Berlusconi, des accords très concrets avaient été conclus en ce sens et la Libye contrôlait ses côtes. Il est important de faire remarquer à ce sujet  que la plupart des points d’embarquement libyens étaient situés en Cyrénaïque et que, ruinées par les interventions de la police, les mafias organisant le commerce des hommes constituèrent, avec les islamistes, le noyau de départ de la rébellion à Derna et à Benghazi. En intervenant pour empêcher les forces du colonel Kadhafi de reprendre la région, l’aviation française, sur ordre du président Sarkozy, a donc rendu un grand service aux marchands d’esclaves. Aujourd’hui, ces derniers ont repris leur lucratif « commerce » …

Le drame de Lampedusa s’explique parce que la Libye est en pleine anarchie. Le pays a éclaté en fiefs tribaux et miliciens. Le « gouvernement » n’est même pas capable de se faire respecter à Tripoli, la capitale où les milices se combattent au grand jour. Faire la liste des affrontements qui se déroulent dans le pays est impossible tant ils sont nombreux. Rien que samedi 5 octobre, jour de rédaction de ce communiqué, 15 soldats libyens furent tués au nord de Bani Walid par des islamistes présumés.

Jusque là, ces derniers se contentaient de contrôler le sud de la Libye et les régions frontalières du Niger, du Tchad et du Soudan. Voilà qu’ils remontent vers le Nord afin de tendre la main à leurs « frères » qui tiennent une grande partie de la Cyrénaïque, dont  les hauteurs du jebel Akdar dans l’arrière-pays de Benghazi. Or, ces islamistes ont pris le contrôle du trafic transsaharien, dont celui des migrants, avec lequel ils se financent.

L’un des résultats de l’intervention française au Mali fut de forcer les trafiquants à ouvrir de nouvelles routes vers la Méditerranée car les réseaux maffieux transsahariens de l’ouest africain furent coupés. Le principal axe par lequel la cocaïne sud-américaine débarquée en Guinée Bissau était transportée à travers le Mali jusque dans les ports du Maghreb ne pouvant plus être emprunté, les trafiquants ont donc réorienté leurs réseaux vers la Libye où il n’existe plus d’Etat. Désormais, le trafic se fait sur l’axe Nigeria-Niger-Libye.

Or, à partir du nord du Nigeria avec Boko Haram, jusqu’à Benghazi et Derna, tout le trafic, dont celui de la drogue et celui des migrants, est désormais contrôlé par les islamistes. […] »

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Lectures

Chers Amis et/ou Chers Lecteurs,

    A la demande de plusieurs d’entre vous, j’ai accepté, avant la parution de mon prochain livre, de faire rééditer « Requiem pour l’ Algérie française » . Comme j’ai changé d’imprimeur, je peux proposer cette nouvelle édition à 15 € ( soit 1 € de moins que la précédente et 4 € de moins que mon « Capitaine de Diên-Biên-Phu  » ).

Si vous êtes intéressés, vous trouverez, en P.J. , un bon de commande.

Si vous pouviez aussi avoir l’amabilité de  faire suivre ce mail à vos amis, ou – pour les paras, légionnaires etc – à vos amicales régimentaires, ou aux associations « pieds-noirs », ceci me rendrai service. Donc d’avance merci.

Cordialement.

Eric de Verdelhan.

 

P.S.: Compte tenu du nombre d’impayés de mes précédentes éditions, je n’enverrai mon livre qu’après paiement. Désolé, mais je suis auto-éditeur: mes livres me rapportent…de quoi éditer les  suivants;  je ne peux pas me permettre d’être philanthrope !
   Eric de Verdelhan
132 avenue de Nivelles
      17100 Saintes
     05 46 91 68 37
     06 81 71 90 81
eric.de-verdelhan@orange.fr
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La France tranquille ne se taira plus

De Charles Beigbeder :

« […] Après huit mois d’une intense bataille politique et au terme d’une mobilisation historique qui a vu à trois reprises plus d’un million de Français battre le pavé parisien, il est temps de se livrer à l’exercice « bilan et perspectives ».

La première surprise, c’est l’irruption sur la scène publique d’une France « bien élevée », selon l’expression de Gabrielle Cluzel. Souvent bourgeoise et provinciale, formée de familles parfois nombreuses, elle n’a pas la culture de la rue des professionnels de la contestation. Cette France silencieuse, qui paye des impôts et dont les démêlés avec la police se réduisaient jusqu’alors à des amendes pour stationnement interdit, n’a guère l’habitude de défiler. Et pourtant, elle a sacrifié ses dimanches, bravant la pluie, surmontant la fatigue, pour dire calmement son mécontentement. Pour la réveiller, il aura fallu la pousser à bout.

Cette « France tranquille », comme l’a nommée Valeurs actuelles, ne se taira plus. Car elle a désormais acquis une conscience politique et une culture de la résistance qui étaient jusque-là l’apanage de la gauche. Face à un État qui orchestre l’inversion des valeurs, des gens sans histoire qui étaient traditionnellement les piliers de l’ordre établi sont devenus des révolutionnaires maniant tous les moyens légaux et pacifiques d’une démocratie pour combattre l’idéologie dominante. Désormais, les conservateurs s’appellent Manuel Valls, Caroline Fourest et Christiane Taubira tandis que les révolutionnaires se nomment Frigide Barjot, Ludovine de La Rochère ou Béatrice Bourges.

Cette France s’est dressée parce qu’elle a pris conscience de la gravité de la situation. Ce faisant, elle a découvert qu’elle pouvait peser sur le cours de l’Histoire, que rien n’était écrit d’avance.

Il faut souligner que ce fut une mobilisation politique, au sens noble du terme, en cela qu’elle défendait le Bien commun, et pas des intérêts catégoriels ou corporatistes. Les manifestants ne réclamaient aucun avantage, aucun bénéfice. La noblesse d’un engagement se mesure à la part de désintéressement qu’il comporte.

Un mouvement est né. Venu de la société civile, il échappe aux clivages traditionnels. Enfermés dans leurs querelles internes ou prisonniers de leurs intérêts de boutiques, les partis politiques sont à la traîne. Tant mieux : cela évite toute récupération. Au-delà des divergences de stratégies et de sensibilités, l’unité de ce mouvement réside dans la volonté partagée de défendre les fondements de la civilisation, quelque chose de plus important encore que les batailles électorales.

Cependant, ce courant issu des profondeurs de l’enracinement français va durablement s’installer dans le paysage politique. Il restera en dehors des partis, mais les partis devront composer avec lui. Il sera juge et arbitre, en particulier dans les urnes, de la sincérité et de la vérité des convictions politiques. On le verra dès les élections municipales en mars 2014.

Cette mobilisation est née de la prise de conscience de l’impérieuse nécessité de conserver notre identité de civilisation, menacée au premier chef par les nombreuses inventions du libertarisme hédoniste, une idéologie qui, sous couvert de liberté, veut organiser la déconstruction par l’État de tous les liens qui attachent l’homme à sa nature, sa famille, sa filiation, son travail, son histoire, sa religion, sa province et sa nation, afin qu’il ne soit plus qu’un consommateur individualiste et déraciné. En toile de fond, on ne peut être insensible au « grand remplacement » théorisé par Renaud Camus, qui voit la culture occidentale s’effacer au profit des « cultures d’origine » des populations allogènes.

La Manif pour tous est un véritable « Mai-68 à l’envers », une contre-révolution au sens étymologique du terme. Elle montre un cap idéologique qui est l’exact inverse de celui que fixait jusque-là le monde occidental. Ce débat, qui a pour enjeu l’avenir de notre civilisation, doit impérativement échapper aux contingences politiques pour s’adresser aux profondeurs du cœur humain ; car, comme le souligne Péguy, « tout commence en mystique et finit en politique ». »

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Question de Santé

Santé et Santé

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INTERVENTION EN SYRIE : LA RECHERCHE D’UN PRÉTEXTE A TOUT PRIX

Edito_Septembre

 

 

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Syrie

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Avis autorisé sur la Syrie

Général (2S) Dominique DELAWARDE                                                         Le  5 Septembre 2013

10 L’Hotel Cossard

44170 LA GRIGONNAIS

Tel: 02 40 51 32 69

 

INGERENCE DELIBEREE SOUS  PRETEXTE DOUTEUX !

                         Ancien chef du bureau « Situation-Renseignement-Guerre électronique » de l’Etat Major Interarméees de Planification Opérationnelle en région parisienne, ayant servi près de deux années au Proche Orient, dont  14 mois en qualité de chef du bureau renseignement de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban, ayant fait une bonne douzaine de séjours au Moyen Orient (Qatar, Emirats, Koweit), ayant enfin servi trois années aux Etats Unis en qualité d’officier de liaison auprès  de l’Enseignement militaire supérieur  américain, je crois connaître mieux que le citoyen moyen, voire que certains experts autoproclamés, les problèmes du Proche et du Moyen Orient. Je me suis toujours tenu informé sur ce qui s’y passait et, par conséquent sur le sujet qui nous préoccuppe aujourd’hui : une éventuelle intervention militaire en Syrie.

Ce courrier a pour but de donner les raisons précises de mes doutes quant à l’ opportunité d’une intervention en répondant à quelques questions simples . Il s’agit aussi de donner matière à réfléchir à ceux qui veulent vraiment étudier le problème sans se contenter des logorrhées verbales bien pensantes et des affirmations péremptoires des hommes politiques de tous bords.

1 – Les preuves indubitables présentées par le premier ministre aux députés sont-elles convaincantes et crédibles  ?

Quelles que soient ces preuves, ma réponse est non.

Les preuves peuvent évidemment être indubitables puisque personne n’a d’éléments concrets pour les mettre en doute. Mais elles peuvent être fausses. Je n’ai pas la mémoire courte et me souviens du général américain Colin Powell présentant aux Nations Unies, avec un aplomb incroyable,  ses « fausses preuves indubitables » établie par la CIA sur l’existence d’armes de destruction massive en Irak pour justifier l’intervention militaire qui a suivi. Je sais qu’en France, phare de l’humanité, on ne ment jamais, mais tout de même ……..

Personnellement, j’ai la conviction intime que nous sommes en présence d’une nouvelle manipulation avec le massacre au gaz chimique de Damas et je vais tenter d’en convaincre le lecteur.

2 – A qui profite ce « massacre » au gaz ?

Certainement pas à  Bachar El Assad qui n’aurait jamais pris le risque  de franchir cette ligne rouge posée depuis longtemps par les américains et les franco-anglais. Il savait qu’une intervention occidentale suivrait toute utilisation de gaz et signifierait sa chûte à courte échéance. Il savait que les Nations Unies étaient mandatées pour étudier l’utilisation des gaz en Syrie. Il possède un arsenal suffisant pour frapper ses adversaires sans faire appel au gaz. Aurait-il pris un tel risque, à un tel moment pour tuer seulement quelques centaines d’adversaires en banlieue de Damas, capitale du pays, à une relative proximité des délégations diplomatiques étrangère ? Cette affirmation absurde ne tient pas la route.

Ce « massacre » dont nul ne connait l’ampleur réelle profite donc aux deux autres parties en cause dans cette affaire.

D’abord aux opposants de Bachar El Assad qui, si intervention il y a, ont toutes les chances de gagner rapidement leur combat et de prendre le pouvoir en Syrie.

Ensuite aux américains et aux franco anglais qui souhaitent depuis longtemps affaiblir le Hezbollah libanais mais surtout l’Iran (cible principale en raison du nucléaire) en supprimant leur allié de toujours : La Syrie de Bachar El Assad.

2 – Y a-t-il eu d’autres précédents dans ce genre de manipulation ?

La réponse est oui.

Il y a eu TIMISOARA (décembre 1989) où les médias du monde entier ont repris pendant près de six semaines la fausse information d’un « massacre » de 4 600 personnes pour aider à faire tomber Ceaucescu. En fait les opposants avaient déterré quelques cadavres des cimetières de la ville, les avaient entourés de fils de fer barbelés et avaient tourné des images horribles visant à faire pleurer les téléspectateurs occidentaux. Ils ont ensuite, sur la foi de ces images manipulées, avancé le chiffre énorme de 4 632 victimes qui n’existaient pas mais que personne n’a osé mettre en doute . Leur coup était joué et gagné puisqu’il a entrainé la chûte De Ceaucescu.

Après coup les médias et les politiques occidentaux ont eu le bon goût de s’excuser pour leur erreur et ont avoué qu’ils avaient été manipulés….. mais l’objectif était atteint.

Il y a eu deux autres manipulations de ce type en Bosnie et au Kosovo lorsque j’étais en fonction.  Elles ont été réalisées avec succès et l’opinion et les médias n’en ont jamais connu les tenants et les aboutissants .

3) Comment une telle manipulation avec utilisation de gaz aurait elle pû être réalisée par l’opposition ?

C’est assez simple à réaliser, …..

L’opposition prend quelques familles entières (hommes, femmes, enfants, vieillards) soupçonnées d’être pro- Bachar et capturées lors des combats. Elle utilise du gaz prélevés sur les stocks de l’Armée Syrienne par du personnel déserteur. Elle gaze et  filme les derniers instants horribles, puis,  en appele à l’ONU et aux américains. Le tour est joué. Pour faire bonne mesure, vous rajoutez quelques témoins de votre camp pour raconter l’horreur, vous avancez le chiffre de 1 700 morts, chiffre invérifiable (comme celui de TIMISOARA) et vous envoyez les images les plus horribles.

La manipulation est servie…..

Le renseignement français prétend que les rebelles n’ont pas les savoirs-faire pour mettre en oeuvre les gaz. C’est oublier un peu vite que les rebelles sont soutenus et conseillé par des services spéciaux étrangers qui, eux, ont toutes les connaissances nécessaires

4) Pourquoi les Allemands, les Canadiens et même les député britanniques doutent-ils du bienfondé de l’intervention militaire.

Ces trois pays se doutent bien qu’il y a très probablement une manipulation. Ils ont eux aussi des services de renseignement et un minimum de bon sens. Ils ne veulent pas engager la vie de leurs soldats sur des preuves qui pourraient bien s’avérer « bidon », analysent les conséquences d’une telle intervention. Ils préfèrent s’occupper du rétablissement de leur économie en crise et de la sécurité à l’intérieur de leur frontière avant d’aller jouer, à crédit comme le fait la France, les justiciers dans le reste du monde.

Par ailllleurs, il ne peut échapper à personne que les gaz sont volatils et que l’utilisation de Gaz dans une zone urbanisée comme Damas très majoritairement et densément peuplée par les partisans de Bachar El Assad pourrait se retourner contre ses auteurs au moindre coup de vent……

Cette utilisation de gaz dans la ville de Damas n’est tout simplement pas crédible. Il est vrai que « plus c’est énorme, plus ça passe », mais là, la ficelle est un peu grosse…….

5) Quelles conséquences régionales et internationales en cas d’intervention militaire ?

Pour la Syrie même, une seule certitude. La chûte de Bachar El Assad, chef d’état laïque, entrainera la débacle et l’exil pour les populations chrétiennes et Alaouites dont la majorité aura soutenu Bachar El Assad pendant de très nombreuses années, voire même pour de nombreux sunnites ……donc, de nouveaux massacres et de nouvelles masses de réfugiés,………Est ce le but recherché ?

Pour les Israéliens, une Egypte et une Syrie affaiblies, divisées et dont les économies auront été ramenées 50 ans en arrière,  ne représentent plus une menace sérieuse pour très longtemps. Une intervention américaine et franco-anglaise n’est pas une mauvaise affaire pour eux, au point de se demander si nous ne « travaillons » pas  un peu  à leur profit……

L’Iran étant la prochaine cible, connue de tous, il est probable que le prix du pétrole explosera assez vite à la suite de l’intervention entrainant de nouvelles difficultés pour nos économies déjà fragiles.

L’intervention aura un coût pour un pays déjà surendetté comme le notre. Ce coût sera évidemment supporté directement ou indirectement par le contribuable. A moins que le gouvernement ne réalise l’opération à budget de défense constant ce qui conduira à échelonner les dépenses d’équipement et à retarder, une fois de plus, la modernisation de nos forces.

6) Une telle participation française à une intervention relève-t-elle de l’ ingérence humanitaire et/où du respect des conventions de Genève ?

Si tel était le cas, pourquoi La France n’a-t-elle pas proposé d’intervenir militairement lors du massacre de Gaza en Janvier 2009  (1300 morts, bien réels ceux là, dont 900 civils et 300 enfants)? L’Armée Israélienne avait alors utilisé des bombes au phosphore interdites par les conventions de Genève……

Y aurait-il deux poids-deux mesures ? Des massacres autorisés ou tolérés et des massacres interdits ?

7) Autres éléments troublants  en vrac.

Le 6 Mai dernier, Madame Carla del Ponte, ancienne procureur au tribunal pénal international, membre de la commission indépendante mandatée par l’ONU pour enquêter sur l’utilisation de gaz  en Syrie déclare que les rebelles (et non les forces du régime) ont utilisé du gaz sarin.

Toute vérité n’étant pas bonne à dire dans un monde onusien largement financé par les USA, la commission indépendante (peut être moins qu’on ne le croit) déclarera dès le lendemain que les preuves sont insuffisantes pour accuser formellement la rébellion d’utilisation de gaz………

Par ailleurs la mission d’ observateurs de la ligue arabe envoyée au début du conflit a publié un rapport très équilibré sur les violences en Syrie dès Janvier 2012.J’ai noté dans ce rapport :

28 – La mission a noté l’émission de faux rapports émanant de plusieurs parties faisant état de plusieurs attentats à la bombe et de violence dans certaines régions. Lorsque les observateurs se sont dirigés vers ces zones pour enquêter, les données recueillies montrent que ces rapports ne sont pas crédibles.

29 – La mission a noté également, se basant sur les documents et les rapports émanant des équipes sur le terrain, qu’il y a des exagérations médiatiques sur la nature et l’ampleur des accidents et des personnes tuées ou blessées à la suite des événements et des manifestations qui ont eu lieu dans certaines villes.

Cet excellent rapport établi par une commission majoritairement sunnite (donc plutôt anti-Bachar) n’était sans doute pas  pas suffisamment anti-Bachar pour être évoqué par les médias occidentaux. Il mérite pourtant une lecture attentive. A ceux qui souhaitent s’informer au delà du prêt à penser politique Français, il suffit de taper sur Google : « rapport du chef de la mission des observateurs de la ligue arabe en Syrie » et on obtient ce rapport dans sa version française.

En conclusion, vous aurez compris que je ne crois pas un instant que les « preuves indubitables » françaises, quelles qu’elles soient, puissent justifier, à ce jour, une intervention militaire de quelque niveau que ce soit. Je sais évidemment qu’une grande partie des forces rebelles est composée de mercenaires financés par le Qatar et l’Arabie Saoudite (sunnites) dans leur croisade contre les Alaouites et les chiites. Cette force rebelle soutenue par les américains et les franco-anglais n’est donc pas vraiment d’une Force Syrienne Libre.

Les Nations Unies rendront leur rapport dans quelques semaines tout au plus. Sera-t-il impartial ? je l’espère. Mais je sais que les financements US sont vitaux pour l’ONU et qu’il lui est parfois difficile d’être vraiment indépendante.

Je voudrais terminer en disant que je ne suis pas un partisan de Bachar El Assad, loin s’en faut. Mais il est très probablement moins pire que celui qui pourrait prendre sa suite. La justification et les conséquences de nos actes doivent donc être examinées beaucoup plus sérieusement quelles ne le sont aujourd’hui.

Je constate enfin que la « communauté internationale », terme utilisée indûement par nos hommes politiques et repris par nos journalistes à longueur de journée, ne semble compter aujourd’hui que trois pays : Les Etats Unis, La Grande Bretagne et la France qui représentent à eux trois moins de 8% de la population mondiale.

Les positions de la Chine, de l’Inde, de la Russie, du Brésil, du Japon, de l’Allemagne sont presque totalement occultées des débats internationaux, y compris sur la Syrie, alors qu’ils constituent près de 60% de la population mondiale. Font-ils partie ou non de la communauté internationale ? Il y a, là aussi, matière à réflexion……

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